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jeudi 6 août 2026
Camair-Co : Le coût de la souveraineté aérienne en question
Malgré les instructions présidentielles de 2020, la compagnie aérienne nationale s'enfonce dans une crise structurelle. Absences de plan global, choix stratégiques coûteux et pertes abyssales menacent la survie de l'étoile du Cameroun.
En juillet 2020, face à une situation financière alarmante, marquée par 101,5 milliards de FCFA de pertes cumulées, le chef de l’État prescrivait des mesures d'urgence : l'élaboration d’un plan global de restructuration, la reprise en main de la gestion et l’ouverture de 51 % du capital à un partenaire stratégique. Quatre ans plus tard, le constat dressé par la chambre des comptes est sans appel : les directives présidentielles sont restées lettre morte.
À la place du plan ambitieux attendu, seules des mesures partielles et non coordonnées ont été prises. Résultat, la dérive financière s'est accentuée. Entre 2021 et 2023, le transporteur a accumulé 53 milliards de FCFA de pertes supplémentaires, maintenant ses capitaux propres dans le rouge.
Un pilotage court-termiste
Pour maintenir l’activité à tout prix, les dirigeants ont privilégié la continuité des vols sur la base de budgets déficitaires, au détriment de la rentabilité. Aucune ligne de transport n'est aujourd'hui profitable. Privilégiant le court terme, la compagnie navigue à vue :
· Une flotte incomplète : sur 15 milliards de FCFA mobilisés pour réhabiliter la flotte, seuls trois appareils volent. Deux Boeing restent bloqués en maintenance en Éthiopie faute de moyens ;
· Des choix locatifs ruineux : pour compenser le manque d'avions, la direction recourt de manière structurelle au « wet lease », la location d'avions avec équipage et maintenance. Cette formule, normalement d'appoint, est extrêmement coûteuse. Les bonnes pratiques dans le secteur préconisent davantage le « dry lease ».
· Un dégraissage inefficace : malgré le licenciement de 189 salariés faisant passer la masse salariale de 6,6 à 3,5 milliards de FCFA, les pertes annuelles stagnent entre 13 et 16 milliards.
Quel avenir pour le pavillon national ?
La persistance d'une exploitation structurellement déficitaire interroge la finalité même du soutien public. Si la survie de la compagnie répond à un impératif d'indépendance nationale, la protection de l'intérêt général impose de trancher entre le maintien d'une souveraineté aérienne et la maîtrise de la dépense publique.
Au final, la juridiction formule sept (07) recommandations pour améliorer la gestion de cette entreprise.
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